L'Institut Saint-Joseph est une école chrétienne qui participe à la mission enseignante de l'Eglise Catholique et, à ce titre fait partie de la Fédération de l'Enseignement Catholique.
Sa communauté éducative se situe dans la tradition des Frères des Ecoles Chrétiennes, congrégation fondée par Jean-Baptiste de La Salle en 1682. La volonté du fondateur était de permettre à tous les enfants, et principalement aux plus démunis, de bénéficier d'une formation à la fois humaine et chrétienne. Bien des gens croyaient à l'époque que ces jeunes issus de milieux artisans ou pauvres étaient incapables d'accéder à l'autonomie sociale et de jouer ainsi un rôle dans la société. Croire aux possibilités de chacun, et ce même des plus exclus de la société, des moins pourvus, des moins aptes socialement et économiquement, est la foi qui a guidé les Frères des Ecoles Chrétiennes dans leur mission d'enseignement du XVIIe siècle à nos jours.
Les temps ont changé, l'école a suivi ; aussi ce que l'Institut Saint-Joseph veut être aujourd'hui résulte de la confrontation de sa tradition avec les exigences du présent. Les plus démunis, les exclus du système présentent d'autres caractéristiques mais ils existent toujours. Nous voulons pouvoir répondre aux attentes des jeunes dans une société en perpétuel mouvement, tenir compte de l'évolution des mentalités et des sensibilités. Offrir à tous un enseignement de qualité c'est aussi veiller à rendre cet enseignement accessible à chacun sur le plan matériel, aussi devons-nous veiller à maintenir la gratuité de l'enseignement en étant attentifs à minimiser les dépenses, incontournables, exigées des élèves et de leurs parents (dépenses autorisées par la loi et non assimilable à un minerval).
Notre volonté est de rallier l'ensemble de la communauté éducative de l'Institut Saint-Joseph autour des valeurs essentielles que nous désirons transmettre aux enfants qui nous sont confiés. Nous souhaitons obtenir l'adhésion de tous sur les moyens pour y parvenir.
Notre projet éducatif, nous l'avons voulu le plus complet mais aussi le plus clair et le plus concret possible. A travers ce document, il s'agit de dégager les valeurs qui sont promues dans l'enseignement prodigué à l'Institut Saint-Joseph. En effet, l'école catholique ne doit pas être uniquement un lieu « d'apprentissage des compétences », elle est aussi le lieu où les élèves peuvent découvrir le sens du message évangélique, apprendre à connaître et faire leurs, s'ils le souhaitent, les valeurs partagées par la communauté chrétienne ouverte à l'accueil de Jésus-Christ et de la « Bonne Nouvelle » qu'il annonce au monde.
Développant par ailleurs le sens critique des étudiants, l'école laissera à chacun la liberté d'accepter l'entièreté de l'apprentissage religieux ou de n'en conserver que les valeurs, ces dernières restant attachées à une vision universelle de l'homme en tant qu'être humain !
C'est ainsi que les finalités de l'enseignement à l'Institut Saint-Joseph sont les suivantes :L'Institut Saint-Joseph se fixe comme finalité d'amener chacun à atteindre pleinement l'ensemble des compétences exigées par une formation humaniste. Nul ne peut être exclu de cette visée, et chacun doit pouvoir dans ce contexte aller jusqu'au bout de ses capacités. Nous pourrions résumer ce point par le droit à l'égalité dans l'épanouissement de chacun selon ses caractéristiques. Mais, comme dit dans l'introduction, nous nous situons aussi dans la tradition lasallienne et son souci particulier envers les plus démunis. Si la définition de cette catégorie d'élèves a évolué avec le temps, il n'en reste pas moins vrai que certains rencontrent plus de problèmes que d'autres dans l'apprentissage. Cela peut résulter d'une instabilité affective (parents séparés, famille monoparentale, événement douloureux vécu au sein de la famille, jeune émancipé vivant seul...), de difficultés physiques (handicap moteur ou autre...) ou encore de difficultés matérielles (parents au chômage, parents vivant des allocations de CPAS..., souvent aussi de difficultés culturelles (parents étrangers, milieu familial et environnemental peu ouvert sur la culture dite « scolaire »)... Tous ces éléments peuvent bien entendu être liés et constituer un profond handicap face à l'apprentissage des compétences. Ils peuvent également conduire le jeune à la révolte, au rejet non seulement de l'enseignement qui lui est proposé par une société dans laquelle il ne trouve pas sa place sauf dans la marginalité mais encore au sujet des valeurs contenues dans le message d'une croyance dont sa vie quotidienne, ses difficultés nombreuses paraissent comme un démenti de celles-ci.
"Sur le plan pédagogique, pour tendre vers cette valeur première du projet éducatif, l'ensemble de la communauté éducative de l'Institut veillera à ne refuser l'inscription de personne sauf manque de place. Qu'importe le parcours ayant précédé l'arrivée de l'enfant chez nous, nous veillerons à le prendre là où il est parvenu et à tenter de l'aider à développer ses capacités à leur maximum. Tous les moyens pédagogiques, matériels, psychologiques, humains et spirituels seront mis en oeuvre pour parvenir à cette finalité. Par moyens pédagogiques, nous faisons référence à l'ensemble des pratiques pédagogiques, patrimoine de la recherche des sciences éducatives, dont un enseignant dispose actuellement, de la pédagogie traditionnelle (enseignement frontal ou ex-cathedra) à la pédagogie des compétences en passant par la pratique de la gestion mentale ou la pédagogie institutionnelle... Par moyens matériels, nous voulons parler de plusieurs heures attribuées en vue soit de prodiguer une aide, soit d'amener des élèves à dépasser ce qui leur est habituellement demandé. Ces heures devraient permettre à chacun d'aller au maximum de ses capacités. Par moyens psychologiques, nous faisons ici référence à une écoute attentive tant de la part des enseignants que de la direction. Plus précisément encore nous sommes aussi très présents dans l'accompagnement et dans l'action des agents du centre P.M.S. avec lesquels nous travaillons. Par moyens humains nous décrivons la disponibilité de l'ensemble des enseignants durant mais aussi en dehors des heures de cours. Par moyens spirituels, nous voulons dire que tant envers des élèves en difficultés qu'avec ceux qui vivent une scolarité sans problème, nous abordons des questions essentielles, les vraies questions qui abordent le sens profond de la vie sur terre et nous proposons des réponses qui relèvent du domaine métaphysique, de la religion, d'une foi que nous souhaitons partager et non imposer. Car pour nous la promotion de l'être exige d'allier le développement culturel avec une certaine capacité à réfléchir sur le sens de la vie en liant à cela un certain « art de vivre », selon notamment les valeurs présentes dans le message évangélique."
"Quel que soit le niveau atteint dans cette formation, nous veillons à valoriser tous ceux qui nous ont suivis plus ou moins loin, plus ou moins profondément, dans cet apprentissage, promouvant en cela tant les manuels, les techniciens que les intellectuels."
Notre communauté éducative, fidèle au message d'ouverture de notre Seigneur Jésus-Christ veille à ce que chacun soit reçu correctement avec toutes ses différences et dans le respect de celles-ci. Qu'importe l'origine sociale, économique, géographique ou encore religieuse ou philosophique de celles et de ceux qui souhaitent nous rejoindre. Si nous restons bien entendu, en tant qu'Institut catholique, fidèles à notre foi, celle-ci ne pourra que s'enrichir de la confrontation avec d'autres convictions. Le débat idéologique et démocratique ne pourra que favoriser la construction par chacun d'un sens à la vie que nous menons, que ce soit en puisant dans l'enseignement des principes religieux ou dans la confrontation avec ces principes. La valeur de l'accueil signifie donc écoute et rencontre réelle avec tous ceux qui souhaitent rejoindre notre communauté éducative quelles qu'en soient les raisons. C'est accepter l'autre avec ses différences et ses convictions, se confronter à lui sans l'affronter.Prise ainsi, l'école devient non seulement un lieu d'apprentissage mais aussi un lieu de rencontre des uns et des autres, un lieu d'accueil, un lieu dans lequel sera reconnue l'autonomie de la personne dans le discernement moral et la construction du sens de la vie.
"Sur le plan pédagogique, il s'agit d'appliquer cette valeur en ayant le souci d'être disponible envers toute personne : nouvel arrivant, visiteur, parents, anciens, professeurs ou encore élèves. Chacun doit se sentir accueilli, c'est-à-dire « écouté et entendu ». L'accueil ne doit donc pas s'arrêter à une simple rencontre occasionnelle, cette valeur relève en réalité du souci de la communauté éducative de l'Institut de travailler avec les parents des élèves, de les impliquer à la vie de l'école, de les amener à être acteur au sein de l'établissement. Ce souci doit aussi englober les élèves. Mais l'école se doit aussi de s'ouvrir, d'accueillir des acteurs extérieurs à elle, des intervenants qui peuvent enrichir sa recherche d'une meilleure connaissance mais aussi d'enrichir le débat portant sur le sens de la vie, et ce, sans tenir compte de leur origine philosophique ou confessionnelle; et sans remettre en cause notre engagement en tant qu'école catholique."
Il est évident que cette valeur de « service » est directement liée aux valeurs précédentes, en effet tant « la promotion de tous » que « l'accueil » nous paraissent intimement attachés à la notion de service et de la responsabilité qui en résulte. Etre au service de..., cela signifie se mettre à la disposition de l'autre, assumer la prise en charge de ses besoins, de ses désirs et de ses attentes par rapport à un enseignement de compétences et une découverte ainsi qu'un partage des valeurs qui sont celles défendues par l'Institut et présentes dans le message évangélique. Etre au service, c'est mettre à la disposition de chaque enfant qui nous est confié les compétences des enseignants, tant dans les matières qu'ils enseignent, que dans les valeurs qu'ils partagent, avec la volonté d'être toujours plus performants considérant cette volonté non pour soi mais pour mieux encore aider l'autre à être, à se développer. Etre au service, c'est porter attention à l'intérêt de celles et ceux qui nous sont confiés.
Sur le plan pédagogique, la satisfaction de ces exigences entraîne le souci de compétence des enseignants mise aux services de nos élèves. Une compétence sans cesse renouvelée, sans cesse adaptée aux progrès des savoirs dans la société et en harmonie avec la vision que nous avons, en tant qu'école catholique, d'un homme accompli. C'est une qualité de formation et d'information que nous voulons voir offrir à tous nos élèves et à leurs parents. Une formation qui soit la plus complète possible, mais surtout la mieux adaptée aux caractéristiques de chacun ainsi qu'à la société ici et maintenant. En ce sens, être au service, c'est aussi veiller à tout mettre en oeuvre pour que chaque élève trouve sa voie, le domaine dans lequel il pourra le mieux développer ses capacités et s'épanouir trouvant ainsi un équilibre, une sérénité. L'orientation correcte de l'élève entre donc dans les obligations et dans les engagements de l'Institut. Une orientation ne prenant en compte que l'intérêt de l'enfant sans soumettre celui-ci à l'exigence de faire nombre au sein de l'école."
Face à une société qui privilégie une certaine forme d'individualisme exacerbé, nous préférons, à l'Institut, insister sur l'esprit de groupe, le sens du collectif. La montée de l'individualisme fut en son temps une bonne évolution entraînant avec elle des concepts comme celui de la liberté. Cependant la tendance actuelle, par ses excès, entraîne une primauté accordée au droit individuel par rapport au devoir ; elle privilégie la construction personnelle en oubliant la participation à la construction sociale. Considérer dès lors son propre intérêt plus important que celui de la communauté est devenu la règle. Reléguer les convictions religieuses ou philosophiques dans la sphère privée, autre effet de ce processus d'individuation, a pour conséquence une sorte de tolérance absolue (donc une certaine intolérance) qui veut que chacun ait le droit de vivre sa vie comme il l'entend sans avoir à se justifier mais, de plus, sans prendre conscience que le droit n'est que l'autre face du devoir ! Point de droit sans devoir, c'est peut-être un des plus grands apports de cette valeur de l'esprit ou du sens de la communauté.
"Sur le plan pédagogique, cela amènera les enseignants à privilégier le travail en groupe avec comme corollaire l'organisation, la réalisation de projets. Il est évident que cette volonté de travailler ensemble autour d'une même recherche ou d'un même projet ne s'adresse pas uniquement aux élèves mais engage également l'ensemble des professeurs ainsi que tous les acteurs de la communauté éducative de l'Institut . Cette finalité fait également qu'à l'Institut nous privilégions la solidarité entre élèves, et celle entre nos élèves et les nombreuses personnes qui, dans notre société, ont souvent besoin d'aide. La solidarité semble être effectivement une valeur primordiale du sens de la communauté. Privilégier les intérêts de tous au sien propre, c'est, nous semble-t-il, le premier devoir du citoyen. Développer cette dimension citoyenne chez nos élèves sera donc également une de nos priorités sur le plan pédagogique."
Seul un individu qui atteint la plénitude de ses moyens peut apporter à la société, à la communauté, au groupe, à sa famille, tout ce que ces derniers peuvent en attendre. Participer au mieux-être de tous ne peut se faire qu'une fois accomplie sa propre personne. Se développer, c'est bien entendu pour l'école pouvoir aller au bout de ses possibilités tant physiques qu'intellectuelles . C'est pouvoir trouver aussi son équilibre psychologique, c'est trouver sa place dans la société dans le respect des autres et de leurs différences, c'est aussi et surtout trouver une certaine sérénité par rapport aux questions qui donnent sens à ce que nous faisons et à ce que nous sommes ici et maintenant. Le développement de la personne ne peut se contenter de porter sur l'une ou l'autre de ses caractéris tiques, il doit être total ou il n'est pas. Même si cette finalité de notre projet éducatif ne vient qu'en dernier lieu dans notre texte, il n'en demeure pas moins qu'elle reste essentielle et conditionne toutes les autres. En effet seul un individu accompli totalement pourra « se promouvoir culturellement, socialement et spirituellement », cet individu ou plutôt cette personne pourra développer en elle la faculté « d'accueil de l'autre », « d'ouverture à l'autre » sans crainte d'y perdre d'elle-même, de son identité. Seule une telle personne pourra se « mettre au service » de la « communauté » privilégiant par-là l'intérêt de tous au sien particulier.
"Sur le plan pédagogique, l'école doit pouvoir permettre à chaque élève qui lui est confié d'atteindre à une certaine harmonie du corps, un équilibre physique qui doit pouvoir aider à développer au mieux ses capacités intellectuelles, selon l'adage de nos ancêtres : « mens sana in corpore sano ». L'école doit également veiller à ce que chacun atteigne un équilibre psychologique en privilégiant l'écoute de tous. Il est évident que ce rôle ne relève pas uniquement des agents du P.M.S. mais peut jusqu'à un certain point être rempli par les enseignants ou encore par la direction. Cet équilibre visera à amener le jeune à mieux se connaître, à évaluer ses difficultés, ses problèmes familiaux ou affectifs pour ensuite être capable de mieux s'assumer et d'accepter l'autre dans le respect des différences. Sur le plan strictement intellectuel, l'école doit s'engager à fournir un enseignement qui soit adapté à chacun mais surtout à la société telle qu'elle a évolué. Un enseignement performant portant surtout sur le développement des compétences tout en donnant à chacun le savoir nécessaire à un tel projet. Le développement des compétences ne peut effectivement se réaliser qu'à partir d'un savoir partagé et mis à la portée de chaque élève qui est confié à l'Institut."
"Ce n'est qu'à partir de cet accomplissement physique, psychique et intellectuel que notre étudiant atteindra l'autonomie et le sens des responsabilités et s'avèrera apte à affronter soit le monde professionnel soit celui des études supérieures. Toute cette formation ne sera pas complète et ,du point de vue de l'école catholique, sera inutile, si l'élève reste sans réponse aux questions fondamentales portant sur le sens de sa vie, sur ses origines et sur les finalités à poursuivre ici-bas. En tant qu'institution chrétienne, l'école se doit de réserver à cet effort de réflexion, un espace et un temps en dehors du cours de religion qui reste le moment privilégié pour ce type de questions mais qui doit rester également un cours comme les autres et non face aux autres. C'est dans le respect des autres convictions, qu'elles soient philosophiques ou religieuses, que ces questions doivent être abordées. Ce que l'école catholique propose, c'est d'être un lieu où pourront s'exprimer des convictions différentes, où elles dialogueront entre elles. Ce débat ouvert permettra que le témoignage chrétien soit ainsi partagé sans être imposé, que le message évangélique soit porté à la connaissance de tous et que l'amour infini de Dieu puisse être présenté comme une réponse aux questions portant sur le sens de la vie. Il est en effet du devoir de l'école catholique de témoigner de sa foi sans pour autant l'imposer à tous. Ce sera le rôle de la pastorale d'oser montrer ce qu'est la teneur du message du Christ, proposer de découvrir et participer à ces moments de notre liturgie, de nos rites, laissant ainsi la possibilité aux jeunes qui nous sont confiés de connaître cette richesse, cette tradition, ces racines profondes, cette croyance sans cesse renouvelée à travers ces gestes, ces prières. A aucun moment nous ne violons leur conscience : seulement ils sauront, et pourront ensuite décider librement d'en faire à leur tour leur foi ou simplement d'en retirer une certaine éducation, une approche de valeurs qui méritent de devenir les leurs car elles ne visent que la promotion de l'Etre humain. Personne ne peut nier que le long cheminement du christianisme a marqué profondément nos croyances et nos mentalités. Beaucoup ne sont plus très sûrs de leur foi, mais elle n'est pas pour autant tout à fait éteinte en eux."
Le Pouvoir Organisateur de l'Institut Saint-Joseph.